Salon de coiffure : préparer trois mois de publications en un après-midi

Salon de coiffure : préparer trois mois de publications en un après-midi

Prenons une coiffeuse installée depuis cinq ans dans une ville moyenne, avec deux employées et un compte Instagram qu’elle alimente quand elle y pense. Son lundi de fermeture est le seul moment où elle pourrait s’en occuper. L’exercice consiste à préparer, en un seul après-midi, le contenu d’un trimestre entier, de septembre à novembre.

Partir du calendrier du salon, pas de celui d’Instagram

Elle commence par une feuille blanche et note ce qui se passe réellement au salon sur la période : la rentrée et les coupes des enfants, l’arrivée d’une nouvelle gamme de soins, la semaine de congé d’une employée, les premières réservations pour les fêtes de fin d’année. En vingt minutes, elle obtient une dizaine de sujets qui la concernent directement.

Ce point de départ évite le piège des contenus génériques repris un peu partout. « Les tendances couleur de l’automne » existe sur des milliers de comptes ; « les balayages réalisés au salon ce mois-ci » n’existe que sur le sien.

Elle ajoute aussi les dates qui ne dépendent pas d’elle mais concernent ses clientes : les mariages de fin d’été, les soirées de fin d’année des entreprises du quartier, les photos de classe. Chacune peut justifier un post utile, par exemple un rappel du délai à prévoir pour réserver un chignon ou une coloration avant l’événement.

Classer les idées en trois familles

Elle répartit ensuite ses sujets entre trois types de publication :

  • les réalisations : avant-après, coupes, couleurs, toujours avec l’accord de la cliente photographiée, idéalement recueilli par écrit ;
  • les informations pratiques : horaires, fermetures, prise de rendez-vous en ligne, nouveaux services ;
  • les coulisses : l’équipe, la préparation d’une couleur, une livraison, un salon professionnel visité.

Les réalisations attirent, les informations pratiques rendent service, les coulisses donnent un visage au salon. Un mois équilibré contient un peu de chaque. Si l’une des familles manque, elle le voit immédiatement sur sa feuille.

Fixer un rythme qu’elle tiendra encore en décembre

La tentation est de prévoir un post par jour. Elle choisit plutôt deux publications par semaine, le mardi et le vendredi, soit environ vingt-cinq posts sur le trimestre. C’est assez pour rester visible, et assez peu pour tenir pendant la période des fêtes, quand le salon tourne à plein et que personne n’a une minute à soi. Elle inscrit ces deux jours dans l’agenda du salon, comme n’importe quel rendez-vous client.

Elle ajoute des stories quand elle a le temps, sans les planifier. Ce qui est prévu à l’avance, c’est le socle ; le reste vient en bonus.

Ce qu’elle prépare vraiment cet après-midi-là

Elle ne peut pas photographier à l’avance les coupes de novembre. Elle prépare donc ce qui peut l’être : les textes des informations pratiques, les visuels des fermetures et des nouveautés, un modèle de légende pour les avant-après qu’il suffira de compléter. Pour ces légendes, elle s’impose une règle : une phrase qui explique la technique utilisée, une autre qui dit à quel type de cheveux elle convient, afin qu’une cliente puisse se projeter. Pour les réalisations, elle réserve dans le planning des emplacements vides, avec une consigne pour l’équipe : photographier au moins deux clientes volontaires par semaine, à la lumière de la vitrine.

Elle programme enfin les posts déjà prêts avec l’outil de planification gratuit proposé par Meta, qui permet de préparer à l’avance les publications Facebook et Instagram. Le mardi suivant, le premier post part sans qu’elle ait à y penser.

Et si l’après-midi ne suffit pas ?

Certaines gérantes constatent, au bout d’un trimestre, que même ce système leur demande trop d’énergie. Plutôt que d’abandonner, elles peuvent confier la rédaction et la programmation à un prestataire et ne garder que la validation et les photos. Les agences qui proposent ce genre de service partent en général d’un planning mensuel que la gérante relit et approuve avant toute publication.

Le choix dépend surtout d’une question : qui, au salon, prend les photos ? Aucun prestataire ne peut le faire à distance, et c’est ce qui sépare un compte vivant d’un compte qui ressemble à un catalogue. Une employée à l’aise avec son téléphone vaut, sur ce point, tous les plannings du monde.

Avant de refermer son carnet, la coiffeuse note une dernière chose : la date du prochain après-midi de préparation, fin novembre, pour le trimestre suivant. Un calendrier éditorial sans date de renouvellement s’arrête presque toujours au bout du premier cycle.